Voici quelques oeuvres, inspirées librement des maîtres anciens. Les formats varient, de grandes tailles (1,50 m x 1 m ) aux plus petites (9 cm x 9 cm) en passant par des tailles intermédiaires.

Les reproductions sur ce site ne restituent bien évidemment que très imparfaitement toutes les nuances originelles.

Raccourci (peinture bois, 35 cm x 20 cm)

Référence au célèbre Christ Mort de Mantegna

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pietas (1,20 m x 40 cm, 35 cm x 20 cm)

Après la descente de croix, Marie reçoit dans ses bras le corps sans vie de son fils, Jesus. La piéta la plus célèbre est celle de Michel-Ange en place à la basilique Saint-Pierre de Rome.

La première est sur fond d'or, selon la tradition byzantine ; la seconde est traitée comme un dessin

 

Relecture de la Piéta, sortie de son contexte religieux : le corps masculin ne porte plus les « stigmates », marques de la crucifixion et le sexe indéterminé du second personnage ouvrent les interprétations et permettent à chacun de se projeter dans l’œuvre…

 

Adam et Eve (peinture sur bois : 1 m x 80 cm)

Sur le tableau qui baigne tout entier dans une lumière orangée irradiant de la gauche, le premier couple humain est allongé de profil dans la posture qui est celles des époux sur les tombeaux étrusques. Ils regardent vers la gauche. Eve est appuyée contre Adam ; les deux sont nus ; un voile masque le bas du corps d’Eve que le bord du tableau coupe à hauteur des hanches. Dans le coin à droite, une pomme permet l’identification certaine des personnages du récit biblique.

L’image a un côté déroutant : comme le regard des personnages est dirigé vers la gauche, le spectateur attend une composition asymétrique qui dégage du champ devant Adam et Eve ; cette attente est d’autant plus forte que le fond, uni, s’éclaire progressivement de la droite vers la gauche, suivant en cela l’attraction générale du tableau vers la gauche. Or le couple, tel qu’il est représenté et cerné par les bords du tableau dessine une pyramide centrée, dont l’axe est tracé par les deux profils et souligné par la position du haut du bras d’Eve, parfaitement vertical au premier plan ; le bras appuyé d’Adam, dans la pénombre à droite et son genou replié derrière Eve à gauche, indiquent une parallèle différente mais qui ne rompt pas la pré-gnance de la pyramide.

Cette gêne que ressent le spectateur a un sens : de même que le récit biblique est construit sur l’opposition du bien et du mal, le tableau oppose son versant sombre, pour une fois placé à droite et la lumière qui brille et attire à gauche. Cette inversion de la symbolique traditionnelle contribue peut-être à l’étrangeté latente du tableau. Adam et Eve ont le regard tendu vers cette lumière qu’ils fixent, et qui paraît celle du couchant. Le moment suggéré est celui du soir, du moment méditatif après l’œuvre du jour et avant la nuit, celui où se fait l’examen de conscience du jour écoulé.

Le vide du fond, le mouvement très marqué de la droite vers la gauche, l’intensité du regard des deux personnages obligent le spectateur à chercher le sens de cette toile originale ailleurs que dans le simple plaisir de la belle image ou l’agrément d’un beau travail.

Je partirais volontiers de la sérénité générale qui irradie du tableau : la pomme mordue de la droite évoque le « péché originel » qui a obnubilé la pensée chrétienne trop longtemps… Ici elle appartient simplement au passé, elle fuit dans le coin délaissé que l’ombre engloutit peu à peu. Elle symbolise la parole de l’interdit qui a fait l’homme : on oublie trop vite que le plus important dans cette histoire est la parole « entre – dite », plus que la faute qui hante ou pour-suit. Le prologue de Saint Jean le redira plus tard avec force : In principio erat verbum… C’est la parole par quoi tout commence…

Le couple humain, hors du jardin primordial de l’enfance, confronté à la vie et au travail in-grat, vit aussi sa sexualité divisée : on est définitivement homme ou femme, ne pouvant être l’androgyne complet et parfait. Il s’agit de faire alliance des deux incomplétudes, pour ouvrir la voie de la vie, de l’avenir, de la lumière… Le tableau dit avec sérénité qu’Adam et Eve ont compris et qu’une sorte de foi sereine les oriente dans le bon sens.

La sensualité de ces deux nus est intéressante : le visage encore adolescent d’Adam, avec sa mèche coquine sur le front, la chevelure rousse opulente d’Eve, sa poitrine dénudée disent la conditions corporelle de l’homme avec calme et bonheur ; pas de tourmente du sexe, pas de naïveté non plus, une sérénité d’adultes : le corps d’Eve repose entre le jambes ouvertes d’Adam dans une attente apaisée de l’avenir…

J’aime surtout le geste de la main droite d’Adam posée à plat sur le ventre d’Eve. La main ouverte, contrairement au poing fermé, symbolise la reddition, l’impuissance, l’offrande ou la prière. Dans l’imposition rituelle des mains elle traduit la bénédiction. On pourrait imaginer qu’Adam, dans un geste prémonitoire de paternité, protège ici l’enfant à venir, l’humanité tout entière en gestation dans le sein d’Eve…

Je choisis pour ma part un autre sens où me pousse l’heureuse lumière de ce « premier soir du monde » dans laquelle baigne le tableau, un sens que m’ont appris les gestes de l’amour physique accompli dans la tendresse. La femme comprend les choses plus vite que l’homme ; Eve, silencieuse, est déjà dans la maternité de l’humanité, à la fois active et tranquille, « méditant toutes choses dans son cœur… » Adam, dont l’œil marque tout de même un certain étonnement, je le crois en train de comprendre… Tout père des hommes qu’il est en train de de-venir, il prend conscience que la puissance n’est pas de son côté : la vie est dans le sein d’Eve, il ne partagera jamais que par les mots ce mystère, il ne sera vraiment père que lorsque sa femme lui aura mis leur enfant entre les bras.

Adam me plaît ici parce qu’il n’a pas besoin de déployer la force physique, le cri ou la guerre pour s’affirmer : dans un geste d’offrande, sa main ouverte posée sur le ventre d’Eve, il s’en remet à Dieu, à la vie, à ce qui lui échappe et qu’il ne saurait maîtriser, pour que cette impuissance même soit sa force et sa richesse. Adam perçoit quelque chose du mystère de Dieu, toute-puissance d’amour, toute-impuissance de respect et d’attention.

J’aime que ce tableau de Didier Michault propose à notre méditation cette lecture apaisée des premiers chapitres de la Bible, cette leçon de vie formulée avec élégance, légèreté et profondeur, dans le chant des couleurs et des formes, comme une prière. (Bernard Busser)

 

Bonze (peinture sur bois, 25 cm x 18 cm)

Peinture représentant un bonze en pleine méditation éclairé par une lumière zénithale...

Le bonze est dans l’attitude de l’orant chrétien : bel exemple de syncrétisme des symboles…

 

 

Tableau rond (diamètre : 36 cm ~ 1989)

Peinture sur bois traitée comme un dessin